Paludisme : les journalistes renforcent leurs capacités pour accompagner l’ambition d’élimination au Sénégal


Hamadou BA

La lutte contre le paludisme reste un enjeu majeur de santé publique au Sénégal. Pour renforcer l’implication des médias dans cette bataille, un atelier de renforcement des capacités des membres de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) s’est tenu ce jeudi 20 août à Dakar, dans le cadre de la Campagne nationale pour l’élimination du paludisme.

Organisée avec l’appui du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), d’OSIDEA et de Speak Up Africa, cette rencontre vise à mieux outiller les journalistes sur les enjeux liés à l’élimination du paludisme et à renforcer leur capacité à produire des contenus de qualité sur cette problématique.

Les médias, acteurs de la lutte contre le paludisme

Les travaux ont notamment porté sur l’état des lieux de la lutte contre le paludisme au Sénégal, les défis qui restent à relever ainsi que le rôle que peuvent jouer les médias dans l’information et la sensibilisation des populations.

À travers des échanges sous forme de questions-réponses, les participants ont été invités à mieux comprendre les enjeux de l’élimination du paludisme et à identifier les principaux défis auxquels le Sénégal est confronté.

L’objectif est de permettre aux journalistes de dépasser une approche essentiellement événementielle de la maladie pour privilégier un traitement plus approfondi, fondé sur les données, les politiques publiques et les réalités vécues par les communautés.

La question du financement au cœur des échanges

La mobilisation des ressources constitue également un enjeu déterminant pour atteindre l’objectif d’élimination du paludisme. Une session spécifique a ainsi été consacrée au financement du Plan stratégique national pour l’élimination du paludisme, avec un accent particulier sur les enjeux liés à la mobilisation des ressources endogènes.

Les échanges ont également permis de mettre en évidence le rôle que peuvent jouer les journalistes dans la compréhension et la vulgarisation des mécanismes de financement de la lutte contre le paludisme.

En produisant des contenus accessibles et documentés, les médias peuvent contribuer à sensibiliser les décideurs, les partenaires et les communautés sur la nécessité de maintenir les investissements consacrés à la lutte contre cette maladie.

Le genre au cœur de l’approche « Voix Essentielles »

L’atelier a également accordé une place importante à la dimension genre, à travers une introduction à l’approche « Voix Essentielles ». Cette approche met notamment l’accent sur le genre, l’engagement communautaire et le leadership des femmes dans les actions de santé publique.

Les participants ont ainsi été sensibilisés à la nécessité de mieux intégrer la dimension genre dans le traitement médiatique du paludisme, en prenant en compte les rôles, les vulnérabilités et les contributions différenciées des femmes et des hommes dans les communautés.

Un focus group consacré à la santé et au genre, réservé aux femmes reporters, a par ailleurs permis d’approfondir ces questions et de favoriser un échange d’expériences autour des réalités spécifiques rencontrées dans le traitement des sujets de santé.

De la formation à la production de contenus

Au-delà des connaissances théoriques, l’atelier a accordé une place importante à la pratique journalistique. Un atelier de production a notamment permis aux participants de travailler sur la manière de pitcher un sujet consacré au paludisme et au genre.

Cette démarche vise à encourager les journalistes à développer des sujets originaux, documentés et susceptibles de mieux rendre compte des enjeux liés à l’élimination du paludisme, notamment au niveau communautaire.

À travers cette initiative, le PNLP, OSIDEA et Speak Up Africa entendent renforcer le rôle des médias comme acteurs de sensibilisation, de mobilisation citoyenne et de plaidoyer.

Car si l’élimination du paludisme repose sur les interventions sanitaires, elle dépend également de la mobilisation de l’ensemble des acteurs. Dans cette dynamique, les médias apparaissent comme un maillon essentiel pour informer, déconstruire les idées reçues, donner la parole aux communautés et maintenir la lutte contre le paludisme au cœur du débat public.

 

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