Affaire Yakaar-Teranga : l’OFNAC interpellé sur les 55 millions de dollars évoqués par le Premier ministre Al amine Lo


Par Mousrapha Ndiaye

Après les révélations faites par le Premier ministre Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, l’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable demandent à l’OFNAC de s’autosaisir du dossier Yakaar-Teranga et réclament la publication des accords liés au retrait de Kosmos Energy.

L’affaire Yakaar-Teranga continue de susciter des interrogations. Au lendemain de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Al Aminou Lô devant l’Assemblée nationale, trois organisations de la société civile ont appelé l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) à s’autosaisir du dossier.

Dans un communiqué conjoint publié mercredi 9 septembre, l’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable déclarent avoir accueilli « avec une profonde préoccupation » les propos du chef du gouvernement concernant le retrait de Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga.

55 millions de dollars au cœur des interrogations

Lors de son intervention devant les députés, le Premier ministre a évoqué une somme de 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, qui aurait dû revenir à l’État du Sénégal.

Pour les trois organisations, l’évocation d’un tel montant devant la représentation nationale constitue un fait suffisamment important pour nécessiter des explications publiques, précises et documentées.

Elles estiment que, dans un contexte économique et financier particulièrement contraint, chaque ressource due à l’État doit être préservée. Selon elles, toute décision susceptible d’avoir des conséquences importantes sur les finances publiques doit pouvoir être expliquée aux citoyens.

Des explications réclamées au gouvernement

L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable demandent au gouvernement, et particulièrement au Premier ministre, de faire toute la lumière sur cette affaire.

Les organisations souhaitent notamment connaître les raisons pour lesquelles les 55 millions de dollars évoqués n’auraient pas été recouvrés par l’État.

Elles demandent également des précisions sur les circonstances dans lesquelles une éventuelle renonciation à cette somme aurait pu intervenir, ainsi que sur l’identité de l’autorité ou du ministre qui aurait pris ou validé une telle décision.

Les signataires veulent, en outre, connaître la base juridique et contractuelle qui aurait éventuellement justifié une telle renonciation.

Autre exigence : la publication des éventuels accords conclus avec Kosmos Energy dans le cadre de son retrait du projet Yakaar-Teranga.

L’OFNAC appelé à enquêter

Compte tenu de l’importance des montants évoqués et des enjeux liés à la gestion des ressources naturelles du Sénégal, les trois organisations estiment que l’intervention de l’OFNAC est nécessaire.

Elles invitent ainsi l’institution à s’autosaisir du dossier, afin que les faits évoqués devant l’Assemblée nationale puissent faire l’objet d’un examen indépendant, impartial et crédible.

Cette démarche devrait, selon elles, permettre d’établir les circonstances exactes de l’affaire et, le cas échéant, d’identifier d’éventuelles responsabilités.

Les organisations précisent toutefois que leur demande « ne constitue une accusation contre aucune personne ni aucune institution ». Elles la présentent plutôt comme une démarche fondée sur les principes de transparence, de redevabilité et de défense de l’intérêt général.

« Ces 30 milliards appartiennent au peuple sénégalais »

Pour l’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable, si les 55 millions de dollars évoqués par le Premier ministre étaient effectivement dus à l’État, toute renonciation à cette somme devrait être clairement expliquée à l’opinion publique.

Les trois organisations estiment que les Sénégalais doivent notamment être informés de l’identité des décideurs concernés, des motifs ayant conduit à une éventuelle renonciation et de la base juridique et contractuelle d’une telle décision.

Elles appellent également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, afin que l’ensemble des informations disponibles soit porté à la connaissance des députés et des citoyens.

Une exigence de transparence sur les ressources naturelles

L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable demandent au gouvernement et à l’Assemblée nationale de faire toute la lumière sur le dossier dans les meilleurs délais.

Pour ces organisations, la gestion des ressources naturelles doit s’inscrire dans une logique de transparence et de responsabilité publique.

« La transparence dans la gestion de nos ressources naturelles n’est pas une option : c’est une exigence démocratique et un devoir envers le peuple sénégalais », concluent-elles.

Le communiqué est signé par Cheikh Oumar Sy, pour l’OSIDEA, Moundiaye Cissé, pour l’ONG 3D, et Babacar Ba, pour le Forum du Justiciable.

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