Mballo Dia Thiam : la FGTS-B dénonce une « grève générale d’arrière-garde » et appelle à réorienter le combat syndical


par ibrahima dia

Dakar — La Fédération générale des travailleurs du Sénégal (FGTS-B), dirigée par le Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam, conteste la pertinence de la grève générale annoncée par plusieurs centrales syndicales à la suite du vote des lois modifiant les Codes du travail et de la Sécurité sociale.

Dans une contribution intitulée « Grève générale des centrales syndicales : un combat d’arrière-garde ? Les priorités ne sont-elles pas ailleurs ? », Mballo Dia Thiam estime que le mouvement annoncé ne répond pas aux urgences qui, selon lui, préoccupent aujourd’hui les travailleurs sénégalais.

Le Pacte de stabilité au cœur des interrogations
La FGTS-B relève d’abord ce qu’elle considère comme une contradiction entre la signature, le 1er mai 2025, du Pacte de stabilité économique et sociale avec le Gouvernement et l’annonce, par plusieurs centrales signataires, d’une grève générale destinée notamment à contester certaines réformes législatives.

Pour Mballo Dia Thiam, cette situation pose la question de la cohérence de la stratégie syndicale. Il estime que les engagements pris dans le cadre d’un pacte social devraient être précédés d’une concertation approfondie avec les travailleurs et leurs organisations représentatives.

La FGTS-B affirme ainsi vouloir replacer au premier plan les revendications directement liées aux conditions de vie et de travail.

Pouvoir d’achat, emplois et protection sociale
Dans sa contribution, Mballo Dia Thiam cite plusieurs préoccupations qu’il considère comme prioritaires : la hausse du coût de la vie, les licenciements, le coût de l’électricité et des loyers, la fiscalité, la défense des emplois et l’amélioration des conditions de travail.

La déclaration évoque également la situation des travailleurs contractuels, notamment dans l’Éducation nationale, ainsi que la question de l’âge de la retraite à 65 ans.

La FGTS-B fait par ailleurs référence à une estimation du Regroupement des travailleurs du Sénégal (RTS), selon laquelle plus de 30 000 travailleurs auraient été mis en chômage. Ce chiffre, avancé dans la contribution, constitue l’un des éléments invoqués par l’organisation pour appeler à une réorientation des priorités syndicales.

La gouvernance de la CSS et de l’IPRES remise en question
Au-delà de la contestation des réformes du Code du travail et du Code de la Sécurité sociale, la FGTS-B place la gouvernance des institutions sociales au centre de son argumentaire.

Mballo Dia Thiam estime que la gestion de la Caisse de sécurité sociale (CSS) et de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES) doit être davantage évaluée à partir des résultats obtenus pour les travailleurs.

Il cite notamment les préoccupations des retraités, des victimes de maladies professionnelles et des victimes d’accidents du travail, qui, selon lui, continuent de s’interroger sur l’impact concret de ces institutions sur leur quotidien.

La FGTS-B plaide ainsi pour une réforme de la gouvernance sociale fondée sur davantage de transparence, d’équité et d’efficacité.

La représentativité syndicale au centre du débat
Dans sa contribution, Mballo Dia Thiam revient également sur la question de la représentativité des organisations syndicales.

Il rappelle que la FGTS-B estime avoir été privée « injustement » de son récépissé et de la reconnaissance de sa victoire lors des dernières élections de représentativité des centrales syndicales. L’organisation revendique un score de 10,20 %, qu’elle compare aux 5,05 % obtenus antérieurement par le défunt Sidya Ndiaye.

Cette question constitue un élément important de la position de la FGTS-B, qui appelle à une représentation syndicale reposant davantage sur la démocratie interne, la transparence et la prise

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