Par Mamadou Ndiaye
Ils n’en peuvent plus. Les souscripteurs du programme immobilier de Bambilor porté par la Caisse des Dépôts et Consignations ont donné rendez-vous aux médias ce mercredi 14 octobre devant la direction générale de l’institution à Dakar.
Une action coup de poing pour briser le silence et pousser l’État à réagir face à un projet à l’arrêt.
D’après les organisateurs, vers 11 heures, plusieurs dizaines de personnes ont investi les abords du siège pour faire porter leur voix. Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher tout attroupement.
À l’origine de la colère : des villas promises mais jamais remises, des demandes de remboursement restées sans suite et des ménages étranglés par des crédits immobiliers qu’ils continuent de payer dans le vide. Beaucoup disent avoir misé sur la CDC, bras financier de l’État, pour se mettre à l’abri des arnaques foncières. Pari manqué, selon eux.
Le collectif dit ne plus avoir de nouvelles concrètes de l’avancement du chantier, notamment pour la troisième tranche du programme. Ses membres réclament désormais des engagements clairs : un calendrier fiable, la relance du chantier avec une date de livraison ferme, des éclaircissements sur les occupations illicites constatées sur l’assiette de la phase 4 et des comptes transparents sur la gestion des désistements.
Joint sur place, le porte-voix du groupe, Racine Niang, parle d’une situation de mépris. Il rappelle que la dernière échéance évoquée par l’ancien directeur, Fadilou Keïta, courait jusqu’en juin dernier, sans aucune suite visible. Pour lui, de nombreux pères de famille qui comptaient emménager en un ou deux ans attendent toujours. Ceux qui ont demandé à être remboursés se seraient vu proposer un paiement échelonné qui n’a jamais été honoré.
Le collectif évoque également des litiges fonciers sur une partie du site, où des constructions auraient été érigées par des tiers.
Tout en disant privilégier la voie du dialogue, les acquéreurs avertissent : sans réponse rapide de la direction, le bras de fer est inévitable.