Par Hamadou Ba
Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présenté, ce jeudi 15 octobre 2026, le bilan de l’hivernage 2026. Cinq décès liés aux pluies ont été enregistrés, dont quatre dans la région de Dakar. Sur le plan opérationnel, 1 265 signalements ont été reçus via le dispositif Allô Inondation, avec un taux de résolution de 79,4 % au 14 octobre.
« Il nous faut partager avec lucidité et responsabilité », a déclaré Cheikh Tidiane Dièye lors de ce point de presse consacré à l’évaluation de l’hivernage 2026. Le ministre a reconnu les difficultés rencontrées par les populations face aux conséquences des fortes précipitations, tout en présentant les principales actions engagées par ses services pour lutter contre les inondations.
Selon lui, Dakar a enregistré des précipitations particulièrement importantes, avec des cumuls passés de 400 à 600 millimètres. Cette situation a mis à l’épreuve les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales et de prévention des inondations. Sur le plan humain, le bilan fait état de cinq décès, dont quatre dans la région de Dakar. Le ministre a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et assuré que la situation hydrologique restait sous surveillance.
En revanche, Kaolack n’a pas connu d’inondations cette année, selon les déclarations du ministre.
594 kilomètres de réseaux curés
Sur le plan opérationnel, les services de l’Hydraulique et de l’Assainissement font état de 594 kilomètres de réseaux curés avant et pendant l’hivernage. Le dispositif Allô Inondation a, pour sa part, enregistré 1 265 signalements, dont 79,4 % avaient été résolus au 14 octobre 2026.
Le dispositif de pompage a également couvert 547 sites, tandis que la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a identifié à l’avance 148 sites endémiques exposés aux inondations. Par ailleurs, 120 volontaires de l’APIP ont été mobilisés grâce au mécanisme Allô Inondation afin de contribuer aux interventions sur le terrain.
Ces chiffres témoignent de l’ampleur des opérations menées durant la saison des pluies. Toutefois, le bilan met également en évidence la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer la prise en charge des zones vulnérables et réduire les conséquences des fortes précipitations sur les populations.
Le renforcement des infrastructures parmi les priorités
Au-delà du bilan, Cheikh Tidiane Dièye a souligné plusieurs défis qui nécessitent des réponses durables. Le renforcement de la capacité hydraulique figure parmi les priorités, notamment à travers la réhabilitation des réseaux d’assainissement et les investissements dans les bassins versants.
La maintenance préventive des infrastructures et la sécurisation de l’alimentation énergétique des stations de pompage constituent également des axes d’intervention importants. Le ministre entend aussi mettre l’accent sur la maîtrise de l’urbanisation et le contrôle de l’occupation des voies d’eau, afin de limiter l’exposition des populations aux risques d’inondation.
La coordination des acteurs est un autre chantier majeur. Le partage de l’information et la mise en place d’un protocole unique d’alerte doivent permettre d’améliorer la rapidité et l’efficacité des interventions en cas de fortes pluies.
Dans cette perspective, le déploiement de plans communaux de sauvegarde (PCS) dans les collectivités les plus exposées est également envisagé. Le financement de la Stratégie nationale de gestion intégrée des risques d’inondation (SNGIRI) constitue, lui aussi, un enjeu central pour assurer la continuité des actions de prévention.
Consolider les acquis et accélérer les investissements
À travers ce bilan, le ministère entend consolider les acquis, renforcer les mécanismes d’alerte et accélérer les investissements dans les infrastructures de prévention et de gestion des inondations.
Si les opérations de curage, de pompage et de traitement des signalements ont permis d’apporter des réponses à de nombreuses situations, les défis restent importants. L’amélioration durable de la capacité d’évacuation des eaux, la maintenance des ouvrages et une meilleure coordination des interventions demeurent essentielles pour protéger les populations lors des prochains épisodes pluvieux.