FILDAK 2026 : le Sénégal place la souveraineté du savoir au cœur de sa politique culturelle


Par Mouhamed Bédou Fall

À l’ouverture de la 18ᵉ édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), le jeudi 15 octobre 2026, le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a mis l’accent sur la transmission des connaissances, la valorisation de l’histoire africaine et le développement des infrastructures culturelles. Avec l’Égypte comme pays hôte, cette édition met également en lumière le rôle du livre dans le rapprochement entre les peuples et le dialogue des civilisations.

La souveraineté intellectuelle, un défi pour les générations futures

Le livre, la lecture et la préservation de la mémoire collective ont occupé une place centrale dans les échanges lors de l’ouverture officielle de la FILDAK 2026. À travers cette manifestation, le Sénégal réaffirme l’importance de la culture et de l’éducation dans la formation des citoyens et la construction d’une société attachée à ses connaissances, à son histoire et à ses valeurs.

Représentant le président de la République à cette cérémonie, le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a rappelé le rôle essentiel des bibliothèques dans la conservation et la transmission des savoirs. Au-delà de leur fonction documentaire, ces espaces contribuent à préserver les mémoires, à enrichir les connaissances et à favoriser l’accès des générations futures au patrimoine intellectuel.

Cette orientation pose la question de la souveraineté du savoir, qui suppose notamment de renforcer la recherche, de soutenir les auteurs nationaux, de développer l’édition locale et de favoriser la production de contenus éducatifs en phase avec les réalités historiques et culturelles africaines.

Intelligence artificielle : le livre reste un repère essentiel

L’évolution des technologies numériques et le développement de l’intelligence artificielle ont également été évoqués dans le contexte des transformations qui touchent les métiers du livre et de la connaissance.

Si ces outils offrent de nouvelles possibilités pour produire, conserver et diffuser les informations, ils soulèvent aussi des questions relatives à la fiabilité des sources, à l’authenticité des œuvres et à la capacité des lecteurs à exercer leur esprit critique.

La formation d’une jeunesse capable de maîtriser ces innovations tout en conservant son autonomie intellectuelle apparaît ainsi comme un enjeu majeur. Dans cette perspective, la lecture et l’éducation demeurent des leviers importants pour développer le discernement, la curiosité et la capacité d’analyse.

Bibliothèque nationale et Maison des arts : des projets structurants

L’intervention du chef du gouvernement a également mis en lumière deux projets culturels annoncés : la Bibliothèque nationale et la Maison des arts.

Selon les informations communiquées lors de la cérémonie, des instructions présidentielles ont été données au ministre chargé de la Culture pour engager la structuration de ces projets. Le foncier nécessaire aurait été identifié, avec une implantation envisagée dans l’enceinte du Musée des Civilisations noires.

Ces infrastructures pourraient contribuer à améliorer les conditions de conservation des documents, à soutenir la recherche, à valoriser le patrimoine national et à offrir de nouveaux espaces aux artistes, aux étudiants et au grand public.

Leur concrétisation représenterait une étape importante pour renforcer les équipements culturels du pays et élargir l’accès aux ressources documentaires et artistiques.

L’Égypte, partenaire du dialogue des cultures

La présence de l’Égypte comme pays hôte de cette 18ᵉ édition apporte une dimension internationale à la manifestation. Son vice-ministre de la Culture, Omar Selim, a souligné l’importance du dialogue entre les peuples, du partage des connaissances et du renforcement des relations culturelles entre Dakar et Le Caire.

Cette participation ouvre des perspectives de coopération dans plusieurs domaines, notamment la littérature, la traduction, l’édition, la recherche et les échanges entre institutions culturelles.

Au-delà de son caractère commercial, la FILDAK constitue ainsi un espace de rencontres entre auteurs, éditeurs, enseignants, chercheurs et professionnels du livre. Elle favorise la circulation des œuvres et des idées, tout en offrant une vitrine aux patrimoines littéraires des différents pays participants.

La jeunesse au centre des ambitions culturelles

La question de la transmission des savoirs renvoie directement à l’avenir de la jeunesse. Dans un environnement marqué par les mutations technologiques et les nouveaux modes d’accès à l’information, le développement de la lecture et la disponibilité des ouvrages restent des facteurs déterminants pour l’apprentissage et la formation citoyenne.

Le soutien aux bibliothèques, aux auteurs, aux éditeurs et aux initiatives éducatives constitue donc un enjeu majeur pour rendre le livre plus accessible et encourager la production intellectuelle nationale.

Pour le Sénégal, la souveraineté du savoir implique également de mieux documenter son histoire, de valoriser les contributions africaines à la connaissance et de permettre aux nouvelles générations de s’approprier leur patrimoine culturel.

De la vision aux réalisations concrètes

À travers l’ouverture de la FILDAK 2026, plusieurs enjeux se dessinent : la préservation de la mémoire collective, la modernisation des outils de diffusion des connaissances, le développement des infrastructures culturelles et le renforcement de la coopération internationale.

La présence de l’Égypte rappelle, de son côté, que le livre peut constituer un puissant instrument de rapprochement entre les civilisations.

L’enjeu sera désormais de traduire les orientations annoncées en réalisations concrètes, au bénéfice des lecteurs, des chercheurs, des auteurs, des éditeurs, des enseignants et de la jeunesse sénégalaise.

 

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