QUI CROIRE, PROFESSEUR NIANE : AMAR THIOUNE DÉNONCE UNE « DÉMOCRATIE PAR ALLÉGORIE


 

Par infosdujour
De soutien à Sonko à la critique de « l’imposteur », Amar Thioune met Mary Teuw Niane face à ses propres prises de position et l’interpelle sur les prochaines élections locales
Rosso-Sénégal, 9 août 2026 — La tribune publiée dimanche par le Professeur Mary Teuw Niane, intitulée « L’Imposteur », continue de susciter des réactions dans les rangs de Pastef. Dans une réponse particulièrement offensive, le politiste et responsable politique Amar Thioune s’interroge sur le changement de ton de l’ancien allié d’Ousmane Sonko et dénonce une lecture qu’il juge disproportionnée de la situation politique sénégalaise.
Sans jamais citer directement le nom d’Ousmane Sonko, Mary Teuw Niane convoque dans sa tribune les figures historiques de Mussolini, Hitler et Pol Pot. Pour Amar Thioune, le rapprochement est suffisamment explicite pour que la cible ne fasse guère de doute.
« Une accusation aussi grave mérite d’être soumise à l’épreuve du fait — et à celle de la mémoire », écrit-il, avant de rappeler les nombreuses prises de position publiques de Mary Teuw Niane en faveur de Sonko entre 2022 et 2024.
De « président, ami et frère » à « l’imposteur »
Amar Thioune s’appuie sur la chronologie pour mettre en évidence ce qu’il considère comme un spectaculaire changement de position.
En juillet 2022, Mary Teuw Niane remerciait publiquement Ousmane Sonko pour son discours et participait à la campagne de Yewwi Askan Wi à Saint-Louis. Quelques mois plus tard, en novembre, lors d’une audition judiciaire de Sonko, il le présentait comme son « président, ami et frère ».
En juillet 2023, il publiait une tribune intitulée « Libérez le Président Ousmane Sonko ! », dans laquelle il dénonçait ce qu’il considérait alors comme une tentative de neutralisation politique du leader de Pastef.
La même année, alors candidat à l’élection présidentielle, il plaidait pour la participation de Sonko à la présidentielle et dénonçait certaines anomalies dans le fonctionnement de la justice sénégalaise.
En janvier 2024, son parti rejoignait officiellement la coalition soutenant la candidature de Bassirou Diomaye Faye, portée politiquement par Sonko. Quelques semaines plus tard, Mary Teuw Niane réclamait encore la libération de Sonko, de Diomaye Faye et des autres détenus politiques.
Pour Amar Thioune, cette succession de prises de position pose une question centrale : qu’est-ce qui a changé entre hier et aujourd’hui ?
« Ce qui a changé, c’est la position de Niane »
Selon le responsable politique de Pastef, le parcours d’Ousmane Sonko serait resté constant, tandis que c’est la position institutionnelle de Mary Teuw Niane qui aurait profondément évolué.
Hier allié engagé dans la construction d’une victoire politique, il est aujourd’hui un haut responsable de l’État issu de cette alternance.
Amar Thioune interroge ainsi ouvertement les motivations de cette nouvelle posture : « Craint-il, pour lui-même ou pour le Président Diomaye Faye dont il est un proche collaborateur, que cette dynamique ne rebatte les cartes internes du pouvoir ? »
Une interrogation qu’il présente comme légitime au regard de la chronologie des prises de position du Professeur Niane.
Une accusation sans « date, fait ni source »
Sur le fond, Amar Thioune s’attaque également à la méthode employée dans la tribune.
Il reproche à son auteur de ne fournir « pas une date, pas un fait, pas une source » permettant d’étayer les accusations de violence ou de haine qu’il associe à la figure de l’imposteur.
Pour le politiste, la situation actuelle du Sénégal ne justifierait pas les comparaisons historiques convoquées dans la tribune.
Il rappelle que le pays a organisé des élections dont les résultats ont été respectés, que l’opposition dispose de représentants à l’Assemblée nationale, que la presse continue d’exercer son rôle critique et qu’aucun parti politique n’a été dissous.
Dès lors, estime-t-il, convoquer les figures les plus sombres de l’histoire politique mondiale relève davantage de la « disproportion » que d’une véritable démonstration politique.
Les élections locales au cœur de la riposte
Mais au-delà de la polémique, Amar Thioune veut déplacer le débat vers une question qu’il juge plus urgente : les élections départementales et municipales de 2027.
À moins de six mois de l’échéance légale annoncée du 23 janvier 2027, il déplore l’absence de décret convoquant le corps électoral et s’inquiète du calendrier de révision des listes électorales.
Il invite donc Mary Teuw Niane à utiliser son influence auprès du Président Bassirou Diomaye Faye pour obtenir, selon lui, la mise en œuvre rapide du calendrier électoral.
« Le peuple, seul juge légitime, n’a besoin d’aucune allégorie pour se prononcer », martèle-t-il. Selon lui, la meilleure réponse aux interrogations politiques demeure le suffrage universel.
« La démocratie ne se plaide pas par allégorie »
En conclusion, Amar Thioune appelle à un débat politique fondé sur les faits, la contradiction et la responsabilité.
« Le Sénégal mérite un débat exigeant sur ses choix de gouvernance — mais à visage découvert, avec des faits datés, et non par la voie d’une fable anonyme dont chacun connaît la cible sans qu’elle puisse répondre », écrit-il.
Et de conclure par une formule qui donne son titre à sa riposte : « La démocratie ne se plaide pas par allégorie. Elle se construit par le fait, le débat contradictoire et le vote. »
À travers cette sortie, Amar Thioune ne se contente donc pas de répondre à une tribune. Il pose publiquement la question de la cohérence politique de Mary Teuw Niane et ramène la controverse à un terrain où, selon lui, les Sénégalais auront le dernier mot : les urnes.

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