Par Mouhamed Bedou Fall
Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme engage une nouvelle étape dans la mise en œuvre effective de la rémunération pour copie privée (RCP), un mécanisme destiné à renforcer la reconnaissance et la rémunération des créateurs face aux mutations des usages numériques.
Le chantier de la rémunération pour copie privée (RCP) connaît une nouvelle accélération au Sénégal. Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a réuni les principaux acteurs concernés par le dispositif, notamment les membres de la Commission pour la rémunération de la copie privée ainsi que les responsables de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV), pour échanger sur les modalités de sa mise en œuvre.
Cette rencontre marque une étape importante dans un processus engagé depuis plusieurs années. Elle s’inscrit notamment dans le prolongement de la directive issue du Conseil des ministres du 26 janvier 2026, qui avait consacré le principe de l’application effective du système de rémunération pour copie privée.
À cette occasion, le ministre Alpha Thiam a présenté la RCP comme un enjeu de justice, d’équité et de reconnaissance du travail des artistes et des créateurs, dans un contexte marqué par une profonde transformation des modes de production, de diffusion et de consommation des œuvres culturelles.
Adapter la RCP aux nouveaux usages numériques
Le développement rapide du numérique et la multiplication des supports permettant de copier, stocker ou diffuser des contenus culturels imposent désormais une adaptation du mécanisme de rémunération.
Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité de prendre en compte l’évolution des technologies afin de mettre en place un dispositif adapté aux nouvelles pratiques et susceptible de garantir une rémunération équitable aux ayants droit.
Alpha Thiam a, par ailleurs, réaffirmé la détermination de son département à faire aboutir ce chantier. Il a invité les experts, les professionnels et l’ensemble des acteurs impliqués à formuler des propositions concrètes, réalistes et rapidement applicables.
Les travaux devront notamment permettre de préciser les modalités de collecte, de gestion et de redistribution des revenus issus de la rémunération pour copie privée.
Sensibiliser les artistes et le grand public
Au-delà des aspects techniques et financiers, le ministère entend également mettre l’accent sur la sensibilisation. Les artistes, les professionnels de la culture et le grand public devront être davantage informés sur les enjeux liés à la copie privée et aux nouveaux usages numériques.
Pour la tutelle, cette démarche ne doit pas se limiter à la seule rémunération des créateurs. La RCP doit également contribuer à la consolidation de l’écosystème culturel sénégalais, en renforçant les mécanismes de soutien à la création et à la professionnalisation des acteurs.
Dans cette perspective, le département prévoit de développer des stratégies destinées à renforcer les capacités des professionnels, à répondre à leurs besoins de formation et à améliorer l’accès au financement des industries culturelles et créatives.
Un levier pour la souveraineté culturelle
À travers la mise en œuvre de la RCP, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme entend inscrire sa politique culturelle dans les orientations de l’Agenda de Transformation Sénégal 2050.
L’ambition affichée est de faire de la culture un véritable levier de souveraineté, d’attractivité, de professionnalisation et de création de richesses.
Avec cette nouvelle dynamique, le dispositif de rémunération pour copie privée pourrait ainsi constituer un outil majeur de protection des droits des créateurs et de financement durable de la création culturelle au Sénégal.