Par Amina Rassoul Loum
Le Sénégal poursuit ses efforts pour renforcer la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), principal facteur de risque du cancer du col de l’utérus. À mi-parcours d’un projet consacré à l’amélioration de la couverture vaccinale et au financement de la santé, les résultats enregistrés sont jugés encourageants par les acteurs du secteur.
Selon les données présentées lors d’un atelier de plaidoyer organisé par l’Association des femmes médecins du Sénégal (AFEMS), le pays a atteint, au premier semestre 2026, 80 % de couverture pour la première dose du vaccin contre le HPV et 72 % pour la deuxième dose.
Pour la professeure Fatou Samba Ndiaye, présidente de l’AFEMS, ces résultats doivent toutefois être consolidés. L’objectif reste d’atteindre 90 % de couverture vaccinale d’ici 2030, conformément à la cible recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle estime que le recours à un schéma vaccinal à dose unique pourrait permettre d’accélérer considérablement les progrès.
Des données fiables pour mieux mesurer les progrès
Au-delà de la vaccination, la professeure Fatou Samba Ndiaye alerte sur la question de la disponibilité des données sanitaires. Elle évoque des cas de rétention de données dans certains districts, notamment dans la région Nord.
Pour elle, l’absence de données complètes et fiables peut empêcher les autorités de disposer d’une photographie exacte de la couverture vaccinale nationale. Cette situation constitue également un frein au plaidoyer pour la mobilisation de ressources en faveur des programmes de santé.
« Si les données ne sont pas toutes communiquées au niveau des districts, on aura du mal à avoir des chiffres réels », souligne-t-elle, appelant à une solution au niveau central.
La prévention du cancer du col de l’utérus au cœur de la stratégie
Introduite au Sénégal en 2018, après une phase pilote menée en 2014, la vaccination contre le HPV constitue un outil majeur de prévention du cancer du col de l’utérus. Pour la présidente de l’AFEMS, l’enjeu est surtout de protéger les jeunes filles aujourd’hui afin de réduire le risque de développer ce cancer à l’âge adulte.
En février 2026, Fatou Samba Ndiaye avait déjà plaidé pour l’introduction d’une dose unique du vaccin, estimant que cette stratégie pourrait contribuer à atteindre plus rapidement l’objectif de 90 %.
Le Sénégal affiche donc une progression encourageante, mais le défi reste de maintenir la dynamique, d’améliorer la qualité des données et de renforcer la sensibilisation afin de faire de la vaccination contre le HPV un véritable levier de prévention du cancer du col de l’utérus.