LFR 2026 : Mohamed Dia accuse PASTEF de « trahison » envers le peuple
Le refus de la majorité parlementaire de voter la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue de susciter des réactions au sein de l’opposition et des milieux politiques. Lors d’un point de presse tenu le 23 octobre à Dakar, Mohamed Dia, membre du Mouvement des Sénégalais démocrates (MSD), a dénoncé une décision « politiquement irresponsable » et réclamé la convocation d’une session extraordinaire pour examiner et voter le texte dans un délai de 72 heures. Astou Gawane Gueye et le rappeur activiste Elhadji Dia ont également critiqué la posture de PASTEF, soulevant des préoccupations liées notamment aux inondations à Touba et aux tensions au sommet de l’État.
Mohamed Dia dénonce une « trahison » envers le peuple
Mohamed Dia ne décolère pas face au refus de la majorité parlementaire PASTEF de voter la LFR 2026, déposée par le gouvernement le 10 octobre. Pour le membre du MSD, cette décision constitue une « trahison » envers le peuple et traduit un manque de responsabilité de la part des élus.
Contestant les arguments avancés pour justifier le rejet du texte, notamment l’absence de certaines pièces, il estime que les députés auraient dû privilégier l’examen du projet en commission, organiser des auditions et réclamer les compléments d’information nécessaires, plutôt que de déclarer le texte irrecevable.
Au-delà de la controverse parlementaire, Mohamed Dia met en garde contre les répercussions économiques et sociales de ce blocage. Il évoque notamment le paiement des rappels des enseignants, le respect des accords syndicaux, les bourses de sécurité familiale et les transferts financiers destinés aux collectivités territoriales.
Dénonçant les querelles politiques entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, il appelle la majorité à placer l’intérêt général au-dessus des considérations partisanes. « Le Sénégal n’est pas une page Facebook. C’est une République », a-t-il martelé.
Pour sortir de l’impasse, le MSD réclame la convocation immédiate d’une session extraordinaire, l’audition publique du ministre des Finances et le vote de la LFR dans les 72 heures. Mohamed Dia estime que les urgences économiques et sociales du pays ne peuvent être reléguées au second plan par les divergences politiques.
Astou Gawane Gueye alerte sur les risques pour Touba
Prenant également la parole, Astou Gawane Gueye, membre du mouvement Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba, a abondé dans le même sens, accusant Ousmane Sonko et ses proches de contribuer au blocage du pays. Originaire de Touba, elle a particulièrement insisté sur les conséquences que cette situation pourrait avoir sur la ville sainte.
Selon elle, le non-vote de la LFR pourrait compromettre la mobilisation des moyens nécessaires à la lutte contre les inondations et aggraver les difficultés rencontrées par les populations. Elle a ainsi appelé à des mesures urgentes pour prévenir une détérioration de la situation.
Astou Gawane Gueye a par ailleurs évoqué la campagne Octobre Rose, consacrée à la sensibilisation et à la lutte contre les cancers féminins. Elle a plaidé pour un renforcement du soutien aux femmes touchées par la maladie, appelant à une mobilisation accrue en faveur de leur accompagnement et de leur prise en charge.
Elhadji Dia s’en prend à Ousmane Sonko et à PASTEF
De son côté, Elhadji Dia, qui se présente comme un rappeur activiste, a vivement critiqué Ousmane Sonko et le parti PASTEF. Il estime que le Premier ministre ne peut prétendre diriger l’Assemblée nationale, affirmant qu’il a quitté cette institution pour rejoindre la Primature. Ses déclarations soulèvent ainsi la question de la situation institutionnelle de l’actuel chef du gouvernement, qui mériterait d’être précisée au regard des textes applicables.
Elhadji Dia a également mis en cause les relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. Selon lui, le chef de l’État aurait peur d’Ousmane Sonko, qu’il considère comme le véritable détenteur du pouvoir au sein des institutions.
Dans un discours particulièrement virulent, le rappeur activiste est allé jusqu’à qualifier PASTEF d’« ennemi du Sénégal ». Il a également appelé à des poursuites contre Ousmane Sonko et certains de ses partisans, citant notamment El Malick Ndiaye.
Ces différentes prises de position illustrent les tensions politiques autour de la LFR 2026 et les critiques formulées contre la majorité au pouvoir. Entre préoccupations budgétaires, risques liés aux inondations et contestation de la gouvernance, les intervenants appellent à des réponses rapides aux difficultés des populations, tout en multipliant les attaques contre les responsables de PASTEF.