LFR 2026 REJETÉE  Le secteur privé perd 300 milliards, les bourses familiales perdent 35 milliards 


Par Mamadou Ndiaye

La Superviseure Générale, Mme Aminata Touré, est montée au créneau après le rejet de la Loi de Finances Rectificative 2026 par les députés de PASTEF. Pour elle, ce vote relève de l’incohérence politique et d’un manque de compassion envers les populations.

 

« Ce n’est pas compliqué ce qui se passe actuellement », dira Aminata Touré. « Vous avez entendu le mot rectificative, c’est-à-dire qu’il y a quelque chose à rectifier : la loi de finances initiale que les députés de PASTEF avaient votée à l’unanimité, c’est cette loi qu’on procède à des rectifications. »

 

Elle rappelle un fait important : « De janvier au 22 mai, c’est Ousmane Sonko qui pilotait cette loi, car à cette époque il était Premier ministre. Donc cette loi qu’on veut rectifier aujourd’hui, ce sont ces mêmes députés qui l’avaient votée et qui l’ont rejetée aujourd’hui. »

 

Et de s’interroger : « Après 5 mois et 4 jours que Ousmane Sonko a été démis de ses fonctions, pour Ousmane Sonko le Sénégal est mauvais et a tous les défauts. C’est ce qu’on a vu, parce que pendant deux ans il était Premier ministre, mais à nos jours il traite le gouvernement de tous les noms d’oiseaux. »

 

 

« Les députés PASTEF ne s’interrogent pas sur la difficulté des populations »

 

Pour Mme Touré, le rejet de la LFR a des conséquences directes sur l’économie. « 205 milliards FCFA que l’État s’engage dans des dépenses, 1500 milliards FCFA vont dans l’économie », explique-t-elle.

 

Elle dénonce « la gravité de l’irresponsabilité de PASTEF concernant la loi de finances rectificative. C’est empêcher à l’État du Sénégal de fonctionner ».

 

Chiffres à l’appui, elle rappelle qu’en 2025, le nombre d’agents de l’État était de 191 507. « Le secteur privé emploie beaucoup plus de personnes, presque le double que l’administration. Le secteur privé souffre, raison pour laquelle le Président de la République a compris qu’il fallait le soutenir. D’ailleurs, dès son arrivée au pouvoir, il a pris l’option d’analyser la dette envers le secteur privé. »

 

Une enquête diligentée par l’IGE démontre que l’État avait des arriérés de paiement envers le secteur privé à hauteur de 2494,85 milliards FCFA. « Il s’est engagé à épurer la dette. En 2025, 488,3 milliards ont été payés. Cette année 2026, avec la LFR, il est prévu de payer 300 milliards FCFA au secteur privé. Donc si les députés ne votent pas, les acteurs du secteur privé ne recevront pas leur argent », alerte-t-elle.

 

 

 

 

 

35 milliards de bourses familiales bloqués :

 

 

 

 

 

Autre conséquence majeure : le volet social. Le Sénégal a été sélectionné pour un programme que la Banque Mondiale met en œuvre dans plusieurs pays, appelé le CERP. Le Président a obtenu 120 milliards FCFA pour financer le Projet Autonome de Réponse d’Urgence Contingente (CERP).

 

« Ce projet va permettre de renforcer le budget destiné aux bourses familiales. Le Registre National Unique compte 1 646 000 familles touchées par les bourses familiales et sur décision du Président Diomaye Faye, il a été inscrit dans la loi de finances rectificative un rajout de 35 milliards FCFA qui iront directement à ces 1 646 000 familles », précise la Superviseure Générale.

 

Conclusion cinglante : « En ne votant pas la LFR, les députés PASTEF et Ousmane Sonko en tête, privent ces familles sénégalaises vulnérables de 35 milliards de bourses familiales supplémentaires en cette période de vie chère. C’est un manque total de compassion envers les Sénégalais. »

 

 

 

 

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