Par Abdou Diop Ndiaye
l’ancien premier ministre
Idrissa Seck a jugé opportun de briser le silence. Le président du parti
Rewmi a fait un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle.ll a
dressé un constat alarmant sur la situation socioéconomique et politique
du pays. ll met en garde contre une < crise institutionnelle > plus grave que
la crise économique, dénonçant un < populisme trompeur > et une <
aventure populiste > qui menacent de bloquer le pays. Pour y faire face, il
appelle à un < sursaut national pour sauver la République, les institutions,
le bien-vivre ensemble, extirper la haine entre compatriotes et éviter le
risque de continuer dans l’erreur >. Contrairement aux spéculations de ceux
qui s’attendaient à ce qu’il rejoigne le parti Kiiraay du Président Bassirou
Diomaye Faye, le leader de Rewmi a réaffirmé sa posture d’opposant, tout
en soulignant que < cette tâche incombe à tous: classe politique, société
civile, syndicats, secteur privé, citoyennes et citoyens >. Le constat dressé
par l’ancien Premier ministre est sans concession. < Le Sénégal est
aujourdhui méconnaissable >, a-t-il affirmé, pointant notamment la
dégradation des notes économiques du pays par les agences de notation,
selon son appréciation. Idrissa Seck a également déploré ce qu’il considère
comme une profonde fracture du tissu social. I| s’e st inquiété de la montée
des tensions dans le débat public, où les échanges d’idées et de
propositions seraient, selon lui, de plus en plus remplacés par des
menaces et des insultes. Il a notamment dénoncé l’utilisation de termes
tels que < Kouluna , et < moutons > pour désigner des citoyens en fonction
de leur appartenance politique. Une situation qu’il juge préoccupante pour
le respect mutuel et la cohésion nationale. L’ancien Premier ministre a par
ailleurs estimé que l’image diplomatique du Sénégal s’était ternie, allant
jusqu’à avertir que le pays n’avait peut-être pas encore atteint le fond de
ses difficultés. Face à cette situation, Idrissa Seck a salué la mobilisation
de nombreux Sénégalais, aussi bien dans le pays que dans la diaspora. ll a
notamment mis en avant leur inquiétude face aux difficultés des
populations et leur volonté de contribuer au redressement national. ll a
également salué l’implication desjeunes, des femmes et de la diaspora,
dont il estime que l’influence et la capacité de mobilisation peuvent
contribuer à une nouvelle dynamique. Dans cette perspective, le président
de Rewmi a appelé à la construction d’un < véritable cordon sanitaire
contre le populisme trompeur >, qu’il considère comme une menace pour
l’avenir du Sénégal. Pour lui, l’heure est à la mobilisation collective afin de
réparer les fragilites du pays, de restaurer la cohésion sociale et de renouer
avec la prospérité économique et le rayonnement international.