Par Hamad BA
Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch accuse les rebelles du M23 ainsi que des forces rwandaises d’avoir commis de graves exactions lors de la prise et de l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en décembre 2025.
Ces accusations interviennent alors que l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement soutenu selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux par le Rwanda, s’est retirée cette semaine de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi et des hauts plateaux du Sud-Kivu.
Dans un rapport publié récemment, Human Rights Watch évoque des violences commises contre des civils durant l’occupation de la ville stratégique d’Uvira, située près de la frontière burundaise. L’organisation affirme avoir recueilli des témoignages faisant état d’exécutions sommaires, de disparitions forcées, d’actes d’intimidation et de pillages attribués aux combattants du M23 et à des militaires rwandais opérant aux côtés du groupe rebelle.
Selon HRW, plusieurs habitants auraient été accusés de collaboration avec l’armée congolaise ou avec des groupes armés locaux avant d’être arrêtés ou exécutés. L’ONG appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’identifier les responsables de ces abus et de garantir que les auteurs soient poursuivis.
Ni le M23 ni les autorités rwandaises n’ont pour l’instant officiellement réagi à ces nouvelles accusations. Kigali a toujours nié soutenir militairement le mouvement rebelle, malgré les conclusions de plusieurs experts des Nations unies affirmant l’existence d’un appui rwandais au M23.
La situation sécuritaire demeure extrêmement volatile dans l’est de la RDC, où les combats entre les rebelles du M23, l’armée congolaise et divers groupes armés se poursuivent depuis plusieurs mois. Les affrontements ont provoqué d’importants déplacements de populations et aggravé la crise humanitaire dans la région.
Le retrait annoncé du M23 de certaines zones du Sud-Kivu suscite néanmoins des interrogations sur les véritables intentions du groupe armé et sur l’évolution des négociations diplomatiques menées au niveau régional pour tenter de stabiliser cette partie de la RDC, théâtre de violences chroniques depuis plusieurs décennies.