Reportage – Matam
À Katoté, dans la commune de Bokidiawé, département de Matam, la douleur reste vive.
Le 9 juillet 2026, Abdoulaye Aliou Ka, alias Abdoul Ka, âgé de seulement cinq ans et demi, disparaît avant d’être retrouvé sans vie au fond d’un puits. Sa famille, qui affirme avoir demandé une autopsie et une enquête approfondie, dit attendre toujours des réponses. Deux mois après les faits, elle s’interroge sur les circonstances de cette mort et appelle les autorités à faire toute la lumière sur l’affaire.
Le résumé des faits
Le jeudi 9 juillet 2026, Abdoulaye Aliou Ka, plus connu sous le nom d’Abdoul Ka, âgé de cinq ans et demi, disparaît dans le village de Katoté.
Après plusieurs heures de recherches, l’enfant est retrouvé sans vie au fond d’un puits. Selon sa famille, celui-ci était pourtant sécurisé par une porte d’entrée et des grilles de protection.
Le lendemain, les gendarmes et les sapeurs-pompiers se rendent sur place. Les pompiers extraient le corps, qui est ensuite transporté à la morgue de l’hôpital de Ourossogui.
Depuis, la famille affirme attendre des explications sur les circonstances exactes du décès. Elle dit avoir demandé une autopsie et une enquête approfondie, sans obtenir, à ce jour, de réponse qu’elle juge satisfaisante.
La chronologie des événements
Le 9 juillet : la disparition
Le jeudi 9 juillet 2026, le village de Katoté est plongé dans l’inquiétude après la disparition d’Abdoulaye Aliou Ka.
Les recherches se poursuivent pendant plusieurs heures, jusqu’à la découverte tragique de l’enfant au fond d’un puits.
Pour ses proches, plusieurs questions se posent immédiatement, notamment sur les conditions dans lesquelles l’enfant a pu accéder au puits.
Le 10 juillet : le corps repêché
Le vendredi 10 juillet, gendarmes et sapeurs-pompiers interviennent à Katoté.
Les sapeurs-pompiers procèdent à l’extraction du corps, ensuite acheminé à la morgue de l’hôpital de Ourossogui.
Selon la famille, le père, l’oncle et plusieurs proches demandent alors qu’une autopsie soit réalisée afin de déterminer les circonstances exactes du décès.
La famille affirme cependant qu’on lui aurait demandé de récupérer le corps et de procéder à l’inhumation. Selon son témoignage, une conclusion évoquant un suicide aurait également été avancée.
Pour les proches, cette explication ne permet pas de répondre aux interrogations soulevées par la mort de l’enfant.
Les jours suivants : des démarches sans réponse
Refusant de procéder immédiatement à l’inhumation, les membres de la famille retournent au village le vendredi soir.
Le lundi suivant, ils reviennent à Ourossogui et sollicitent, selon leur récit, les médecins de l’hôpital afin que la dépouille soit transférée vers Saint-Louis, Touba ou Dakar pour y subir une autopsie.
Après plusieurs démarches, la famille dit avoir attendu sept jours avant de pouvoir procéder aux funérailles.
Le 15 juillet 2026, Abdoulaye Aliou Ka est finalement enterré à Katoté, sa terre natale.
Les témoignages de la famille
« Nous avons demandé de l’aide pour le transfert du corps »
Madame Adouma Ka, tante du défunt et porte-parole de la famille, affirme que les proches ont insisté pour qu’une autopsie soit réalisée.
> « Nous avons demandé de l’aide pour le transfert du corps et l’autopsie. On nous a dit : “Prenez le corps de votre défunt et partez” », rapporte Madame Adouma Ka.
La famille dit avoir vécu ces journées dans l’angoisse, entre déplacements, démarches et attente.
Pour les proches, l’inhumation n’a pas mis fin à leurs interrogations. Elle a plutôt marqué le début d’une nouvelle attente : celle de la vérité.
« Nous voulons la vérité »
Madame Adouma Ka demande aujourd’hui aux autorités compétentes de fournir des explications à la famille.
> « Nous demandons aux autorités compétentes de nous édifier. Que le ou les coupables soient connus et punis, si une infraction a été commise. »
Elle estime qu’il serait douloureux de voir l’affaire se refermer sans que les circonstances du décès de l’enfant aient été clairement établies.
La famille souhaite également que les journalistes s’intéressent à cette affaire afin que ses interrogations soient entendues.
> « Nous lançons un appel solennel aux autorités pour que la lumière jaillisse. Nous appelons aussi les journalistes à diffuser largement notre message. C’est très dur pour nous. Nous voulons simplement que la vérité soit établie. »
Les démarches auprès des autorités
La saisine du Procureur
Face à ce qu’elle considère comme une absence de réponse satisfaisante, la famille décide de saisir le Procureur à Matam.
Selon son récit, le Procureur aurait estimé que l’enquête devait se poursuivre et demandé aux proches de retourner à la brigade de gendarmerie.
La famille affirme toutefois avoir exprimé des réserves, estimant que ses premières démarches auprès des gendarmes n’avaient pas permis d’obtenir les réponses attendues.
Elle souhaitait surtout que les circonstances de la mort de l’enfant soient établies de manière approfondie.
Un seul retour à Katoté
Un élément revient régulièrement dans le récit des proches : après l’intervention du 10 juillet, les gendarmes ne seraient retournés sur les lieux, à Katoté, qu’une seule fois.
Pour la famille, cette situation nourrit les interrogations sur les investigations menées autour du puits et sur les circonstances de la mort de l’enfant.
Les proches affirment également ne pas avoir été informés, depuis, de conclusions permettant de comprendre ce qui s’est réellement passé.
Les éléments encore inconnus
Deux mois après les faits, la famille dit ne disposer d’aucune information précise sur l’évolution de l’enquête.
Plusieurs questions restent donc sans réponse : comment l’enfant s’est-il retrouvé au fond du puits ? Le dispositif de sécurité était-il effectivement en place au moment des faits ? Une autopsie a-t-elle été réalisée ou ordonnée ? Quelles conclusions les investigations ont-elles permis d’établir ?
La famille affirme également ne pas connaître les suites données au dossier ni les éventuelles conclusions des autorités.
À Katoté, la vie a repris son cours, mais dans la famille Ka, la blessure reste ouverte.
Conclusion : une famille toujours dans l’attente
À cinq ans et demi, Abdoulaye Aliou Ka avait encore toute la vie devant lui.
Sa disparition brutale a laissé derrière elle une famille endeuillée et de nombreuses interrogations. Les proches ne prétendent pas apporter eux-mêmes les réponses. Ils demandent qu’une enquête permette de les établir.
Que s’est-il réellement passé le 9 juillet 2026 à Katoté ? Comment l’enfant s’est-il retrouvé au fond de ce puits ? Quelles sont les circonstances exactes de sa mort ?
Autant de questions auxquelles la famille dit attendre des réponses des autorités compétentes.
En attendant, sous la terre de Katoté repose le petit Abdoul.
Et dans la famille Ka, le deuil continue, mais l’attente de la vérité aussi.
Ousmane Macka LY
Journaliste Expert Consultant en Communication
Formateur des medias
avec la Radio Doumga Fm