REPORTAGE SUR LA RN1 KAOLACK-MBOUR QUAND L’AUTOROUTE VIDE LES ÉTAL


Par Mamadou Ndiaye

 

Le nouveau tronçon Thiadiaye-Kaolack accélère le trafic, mais asphyxie le petit commerce le long de l’ancienne route , INFOS DU JOUR est allé à la rencontre des commerçants et usages pour s’enquérir de la situation.

 

 

L’autoroute file, les étals se vident. Depuis l’ouverture du tronçon Thiadiaye-Kaolack, la RN1 entre Kaolack et Mbour a perdu de sa vitalité. Si l’infrastructure améliore la mobilité, elle met en difficulté des centaines de vendeuses, restauratrices et pompistes qui vivaient du passage des voyageurs.

Pendant des années, les abords de la nationale étaient un marché à ciel ouvert. Oseille rouge, pain de singe, melons, jujubes, arachides… Les automobilistes s’arrêtaient, achetaient, se restauraient. Une économie de proximité rythmée par le trafic.

Des routes calmes, des caisses vides :

 

Aujourd’hui, le décor a changé. La RN1 est devenue calme. Les voitures empruntent l’autoroute et filent sans s’arrêter.
Conséquence directe : la clientèle a disparu.

« On installe nos marchandises le matin et on attend. Parfois on rentre avec presque tout »_, confie une vendeuse installée à hauteur de Thiadiaye.
Le manque à gagner est important. Pour ces femmes, c’est la survie de toute une famille qui est en jeu.

Les stations-service ressentent aussi le coup. Moins de véhicules, moins de clients. Même scénario pour les gargotes et petits restaurants de bord de route qui comptaient sur les voyageurs de passage.

 

Le petit commerce avance désormais à pas de caméléon » . A ce rythme, certains pourraient tout simplement fermer. Le constat est partagé de Kaolack à Mbour : les étals sont toujours dressés, les produits du terroir toujours exposés. Mais les acheteurs se font rares.

Concilier modernité et moyens de subsistance :

Personne ne remet en cause les bienfaits de l’autoroute. Elle désenclave, elle fluidifie, elle fait gagner du temps.
Mais son ouverture soulève une autre question : que deviennent les acteurs économiques laissés sur le bas-côté du développement ?

« On ne demande pas d’arrêter le progrès. On veut juste des solutions pour ne pas disparaître » , résume une commerçante.

Aménagement de zones de repos, panneaux d’indication vers les villages, appui à la reconversion… Le défi pour les autorités est désormais de concilier modernisation des transports et préservation de l’économie locale.

 

 

Précédent La Une infos du jour lundi 14 septembre 2026