À quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) est secouée par une crise sociale qui menace sa couverture médiatique de cet événemen la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise. Alors que le Sénégal s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les travailleurs de l’audiovisuel public affichent leur mécontentement et interpellent les autorités sur la situation sociale qui prévaut au sein de leur entreprise.
Face à la presse, mercredi 14 octobre, au siège de la RADHO, le Secrétaire général du SYNPICS/RTS, Youssouf Kaba, a annoncé un mot d’ordre de grève de trois jours, qui devrait se traduire par un écran noir les 30 et 31 octobre et le 1er novembre prochains. Une décision lourde de conséquences potentielles pour la couverture médiatique des JOJ, rendez-vous majeur pour l’image du Sénégal sur la scène internationale.
Un accord d’entreprise au cœur de la contestation
Au centre de la colère syndicale figure la question de l’accord d’entreprise. Selon les représentants des travailleurs, ce document serait bloqué depuis trois ans, au détriment des droits et des intérêts du personnel.
Les syndicalistes dénoncent également une dégradation des conditions de travail et une précarité qu’ils jugent de plus en plus préoccupante. Ils estiment que les agents de la RTS ne bénéficient pas de réponses satisfaisantes à leurs revendications, alors même que le service public audiovisuel est appelé à jouer un rôle central dans les grands événements nationaux et internationaux.
« Il nous enfonce dans la précarité la plus absolue. C’est une gestion incompétente », ont martelé les syndicalistes, selon les propos rapportés lors de leur rencontre avec la presse.
Ces accusations traduisent une rupture de confiance entre une partie du personnel et la direction générale. Pour les représentants des travailleurs, la résolution du conflit passe notamment par des engagements concrets sur l’accord d’entreprise et par une amélioration des conditions sociales des agents.
Pape Alé Niang dans le viseur des syndicats
La contestation vise directement le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang. Les représentants syndicaux lui reprochent sa gestion de l’entreprise et dénoncent ce qu’ils considèrent comme un décalage entre les difficultés vécues par les travailleurs et les privilèges maintenus au sommet de la hiérarchie.
Le SYNPICS/RTS met ainsi en cause les choix de la direction et réclame des mesures susceptibles de répondre aux préoccupations du personnel. Au-delà des revendications salariales et professionnelles, le conflit soulève une question essentielle : celle du dialogue social au sein d’un média public dont les missions exigent une mobilisation constante des compétences techniques, journalistiques et administratives.
À ce stade, les accusations formulées par les syndicalistes constituent la position des représentants des travailleurs. La réponse de la direction générale n’est pas rapportée dans les éléments disponibles.
Les JOJ Dakar 2026 sous la menace d’un écran noir
Le calendrier choisi par les travailleurs donne une dimension particulière à leur mouvement. En programmant trois jours d’écran noir à la veille et au début du mois de novembre, le SYNPICS/RTS fait peser une menace sur la continuité du service audiovisuel public au moment où le Sénégal entend assurer une visibilité internationale aux JOJ Dakar 2026.
Une interruption des programmes pourrait perturber l’accès du public aux contenus diffusés par la chaîne publique et compliquer la couverture des activités liées aux Jeux. L’ampleur réelle de ces conséquences dépendra toutefois des modalités d’application du mot d’ordre et de l’évolution des négociations.
Le choix de cette période traduit aussi la volonté des travailleurs de donner davantage de poids à leurs revendications. En plaçant leur mouvement à un moment stratégique, ils entendent attirer l’attention sur une crise qu’ils jugent urgente et obtenir des réponses des autorités.
Un appel à l’arbitrage du chef de l’État
Face à l’impasse dénoncée, le SYNPICS/RTS interpelle le président de la République et sollicite son arbitrage. Les syndicalistes souhaitent une intervention susceptible de favoriser le dialogue entre les travailleurs et la direction générale, afin de trouver une issue au conflit avant la mise en œuvre de leur mot d’ordre.
L’enjeu dépasse désormais le seul cadre des relations professionnelles à la RTS. Il concerne également la capacité de l’audiovisuel public à assurer ses missions dans un contexte où le Sénégal s’apprête à accueillir un événement sportif d’envergure internationale.
Une sortie de crise supposerait des discussions concrètes sur l’accord d’entreprise, les conditions de travail et les autres revendications du personnel. Elle nécessiterait également que les différentes parties puissent confronter leurs positions et préciser les engagements envisageables.
Entre urgence sociale et responsabilité de service public
La crise actuelle met en lumière une équation délicate : comment garantir la continuité du service public audiovisuel tout en apportant des réponses aux préoccupations légitimes que les travailleurs disent porter ?
Pour le SYNPICS/RTS, le maintien du statu quo n’est plus acceptable. Pour les autorités, l’urgence consiste désormais à favoriser un dialogue susceptible d’éviter une paralysie de l’antenne à un moment particulièrement sensible pour le pays.
À mesure que l’échéance du 30 octobre approche, les regards se tournent vers la direction générale et les pouvoirs publics. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si des négociations permettront de désamorcer la crise ou si les téléspectateurs devront faire face à l’écran noir annoncé par les travailleurs.
À la RTS, le compte à rebours est lancé. Derrière la menace d’interruption des programmes, c’est toute la question du climat social, du dialogue avec le personnel et de la préparation de l’audiovisuel public aux grands rendez-vous nationaux qui se retrouve au centre du débat.t international.