DI0URBEL : LES LANGUES NATIONALES AU CŒUR DE LA RÉFORME DE L’ENSEIGNEMENT BILINGUE


Par Abdou Diop Ndiaye

Diourbel – Les acteurs du système éducatif se mobilisent pour renforcer l’intégration des langues nationales dans l’enseignement élémentaire. Un forum consacré à la redynamisation des cadres de concertation en faveur d’un meilleur portage du Modèle harmonisé de l’enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS) s’est tenu à Diourbel.
La rencontre, présidée par les autorités académiques, a réuni les différents acteurs du système éducatif ainsi que le partenaire financier International Budget Partnership (IBP) Francophone. Elle vise notamment à renforcer le dialogue entre les parties prenantes et à faciliter l’insertion des langues nationales dans le système éducatif.
Selon l’inspecteur d’académie de Diourbel, Aboubacry Sadikh Niang, plusieurs défis restent à relever. Il souligne l’importance de réunir les acteurs autour de l’école afin de redynamiser les cadres de concertation, avec l’accompagnement de la Direction de l’enseignement élémentaire et de l’IBP.
Pour l’autorité académique, ces cadres constituent « un levier important » pour assurer le portage institutionnel et communautaire de la réforme. Ils doivent également servir d’espaces de dialogue, d’harmonisation et de réflexion sur la mise en œuvre effective du projet.
Le wolof, le sérère et le poular privilégiés à Diourbel
Dans l’académie de Diourbel, le dispositif prend déjà en compte plusieurs langues nationales. Aux côtés du français, le wolof, le sérère et le poular ont été retenus en fonction de leur prédominance dans les différentes localités.
Cette approche vise à mieux adapter l’enseignement aux réalités linguistiques des élèves et à favoriser une meilleure appropriation des apprentissages.
Le secteur privé également concerné
Les autorités souhaitent par ailleurs associer davantage les établissements privés à cette réforme. Pour Aboubacry Sadikh Niang, les élèves du privé ne doivent pas être laissés en marge du processus, puisqu’ils sont eux aussi des citoyens sénégalais.
« Quand on veut faire une réforme d’une telle envergure, on doit avoir une certaine vigilance et penser effectivement aux enfants du privé », a-t-il déclaré, estimant que l’État doit œuvrer rapidement à leur intégration dans le dispositif.
La redynamisation des tables de concertation devrait ainsi permettre d’identifier des stratégies adaptées pour assurer l’implication du secteur privé dans la réforme.
Les collectivités territoriales appelées à jouer leur partition
La réussite de cette réforme passe également par l’implication des collectivités territoriales. Celles-ci, qui disposent de compétences transférées dans le domaine de l’enseignement élémentaire, sont appelées à accompagner les initiatives visant à promouvoir l’enseignement bilingue et les langues nationales.
À travers ce forum, les différents acteurs ont pris des engagements destinés à rendre plus fonctionnels les cadres de concertation et à renforcer leur rôle dans la mise en œuvre du MOHEBS.

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