DÉCLARATION PIT SENEGAL IL SE FAIT TARD !


 

 

La  rédaction

D’âpres et longues luttes ont permis au Sénégal de conquérir des libertés fondamentales, dont le droit syndical. Dans ce cadre, les réformes des codes du Travail et de la Sécurité sociale ont toujours fait l’objet de négociations difficiles mais franches entre les différentes parties concernées : les travailleurs, le patronat et le gouvernement.

 

En effet, notre pays a, depuis des décennies, compris qu’un dialogue social de fond et de qualité est indispensable pour bâtir des consensus forts et durables sur les points clés touchant à la vie des travailleurs, à l’instar des enjeux liés aux réformes de la législation du travail ou à la gouvernance des institutions sociales comme l’IPRES et la CSS. Des enjeux importants pour la nation, multiples et potentiellement conflictuels, qui imposent un dialogue franc et sincère pour des compromis dynamiques et consensuels entre les composantes du tripartisme, en vue d’une paix sociale durable, condition indispensable de tout progrès économique et social véritable.

 

Il en a été ainsi pour le processus d’adoption définitive du Code du Travail de 1997. Il aurait dû en être de même pour les codes de 2026, malheureusement adoptés dans une profonde division.

 

Le PIT-Sénégal constate avec amertume et indignation que le régime PASTEF – dans ses deux versions, gouvernementale et parlementaire -, par-delà sa rivalité malsaine et scandaleuse pour le pouvoir, a procédé à un passage en force dans l’adoption de ces textes législatifs d’importance capitale pour le monde du travail. Il l’a fait d’abord en modifiant unilatéralement certains points consensuels adoptés au sein du Conseil consultatif du Travail et de la Sécurité sociale ; ensuite en faisant l’impasse sur les observations et propositions du Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), pourtant exprimées devant le Ministre du Travail et le Groupe parlementaire PASTEF. Enfin en faisant voter lesdits textes par son écrasante majorité.

 

Pour le PIT-Sénégal, les modifications unilatérales opérées, principales sources des désaccords profonds avec le FSDT, traduisent très nettement la vision autoritariste, dirigiste et réactionnaire du régime PASTEF quant à la gestion du monde du travail. En effet, les velléités de précarisation à outrance des emplois, tout comme la suppression de l’autonomie de gestion des institutions sociales au service des travailleurs et des retraités, de même que le choix de la confrontation avec les syndicats de travailleurs pour s’imposer d’autorité, relèvent d’une même veine : celle, propre aux régimes populistes, qui, comme on le sait, sont foncièrement antisyndicaux, et de surcroît très souvent sans mémoire ni repères historiques.

 

Comment dès lors, dans ce contexte de grave crise financière liée au colossal endettement extérieur, ne pas redouter la tentation, pour ce régime de bien courte vue, de faire main basse sur les importantes réserves de l’IPRES, au détriment des intérêts des retraités d’aujourd’hui et de demain ?

 

Au vu de tout ce qui précède, le PIT-Sénégal se dit en phase avec le FSDT, auquel il exprime son soutien total dans sa lutte contre les dispositions scélérates et anti-travailleurs des nouveaux Codes du Travail et de la Sécurité sociale.

 

Le PIT-Sénégal exhorte le Président de la République, en lieu et place d’une promulgation rapide (avec l’assentiment du FMI enclin à accorder un programme de financement au Sénégal) des codes votés, à engager des concertations avec le FSDT pour des compromis recevables. À défaut, le FSDT n’aura d’autre choix que la lutte résolue, jusqu’à l’obtention de résultats acceptables sur les points clés de désaccord. La situation économique et sociale du Sénégal étant déjà ce qu’elle est, il faut espérer du régime un minimum de lucidité, pour que notre pays ne franchisse pas le Rubicon.

 

Il se fait tard !

 

Dakar, le 05 septembre 2026

Le Secrétariat du Comité Central

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