Finances publiques en Afrique : le professeur Nicaise Médé plaide pour une mobilisation citoyenne contre les transferts illicites de capitaux


Pat Hamadou Ba

 

À l’occasion d’une leçon inaugurale consacrée au budget ouvert en Afrique francophone, ce mardi 20 octobre 2026, le professeur Nicaise Médé a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les citoyens et les acteurs de la société dans la gestion des finances publiques. Il a également alerté sur les pertes financières liées aux transferts illicites de capitaux.

 

La transparence budgétaire et la participation citoyenne apparaissent comme des enjeux majeurs pour améliorer la gouvernance financière en Afrique francophone. C’est l’un des messages portés par le professeur Nicaise Médé lors de sa leçon inaugurale intitulée « Les finances publiques par le bas : réflexion sur le budget ouvert en Afrique francophone », organisée ce mardi 20 octobre 2026.

 

Pour l’universitaire, les finances publiques ne se limitent pas au maniement des instruments budgétaires. Elles doivent également s’inscrire dans une dynamique d’ouverture et d’implication des populations. « La dynamique est là. L’implication des sociétés, des citoyens », a-t-il souligné, mettant en avant l’importance de la participation citoyenne dans la gestion des ressources publiques.

 

Au-delà de la transparence dans l’élaboration et l’exécution des budgets, le professeur a attiré l’attention sur les flux financiers qui échappent aux circuits économiques appropriés. Il a notamment déploré les importantes sommes d’argent qui quittent le continent africain pour alimenter des circuits inadaptés, privant ainsi les économies nationales de ressources précieuses.

 

« C’est beaucoup d’argent que nous perdons », a-t-il alerté, soulignant l’ampleur des pertes financières auxquelles les pays africains sont confrontés.

 

Face à cette situation, le professeur Nicaise Médé a appelé à renforcer la lutte contre les transferts illicites de capitaux. Une démarche qui, selon les enjeux soulevés par sa réflexion, suppose une gouvernance plus transparente, des mécanismes de contrôle efficaces et une mobilisation accrue des citoyens autour de la gestion des deniers publics.

 

Le budget ouvert, un levier de gouvernance

 

La leçon inaugurale s’inscrit dans une réflexion plus large sur le budget ouvert, qui vise à favoriser l’accès des citoyens à l’information budgétaire et leur participation aux décisions relatives à l’utilisation des ressources publiques.

 

La rencontre a réuni plusieurs acteurs et spécialistes des finances publiques, avec notamment les interventions de Maleine Amadou Niang, directeur régional francophone d’International Budget Partnership (IBP), d’Elimane Haby Kane, président de LEGS Africa, et de Daba Kébé, professeur agrégé en finances publiques et directeur du CERIF.

 

Les échanges ont été modérés par la docteure Marième Gnagna Thiam, conseillère principale en finances publiques à IBP Afrique francophone. La journée a également été marquée par une session de questions-réponses et la présentation d’un ouvrage collectif sur le budget ouvert en Afrique francophone, assurée par le docteur Maguette Diop, enseignant-chercheur et consultant auprès d’IBP Afrique francophone.

 

À travers cette rencontre, les participants ont été invités à approfondir la réflexion sur les moyens de renforcer la transparence, la responsabilité publique et le contrôle citoyen, dans un contexte où la préservation des ressources financières constitue un enjeu essentiel pour le développement du continent.

Hamadou Ba

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