par Ibrahima Dia
Les conflits fonciers opposant promoteurs et populations locales au Sénégal sont principalement exacerbés par la pression démographique et le régime du Domaine National. Les litiges naissent souvent de l’accaparement ou de la spoliation de terres coutumières au profit de projets immobiliers, miniers ou agro-industriels. Selon le porte parole du
collectif des habitants du quartier Diawara de Tivaouane Peulh, M. Ibrahima Ndiaye , les ayant droit n’accepteront jamais une injustice qu’ils qualifient de spoliation foncière et de conflit non résolu les opposant au promoteur immobilier Mountakha Kane et sa société immobilière .Face à la presse , il a retracé l’historique d’un différend qui dure depuis plus quinze ans .
» Au départ prétendant que c’est les notables qui lui ont cédé ensuite un décret présidentiel présentant de caractère frauduleuse a permis au sieur Kane de commencer un processus de régularisation de ces terres.
Selon lui , l’origine de cette situation remonte aux inondations de 2009, qui avaient lourdement touché plusieurs localités de la banlieue dakaroise, notamment Guédiawaye, Thiaroye, Pikine etc. À la suite de cette catastrophe, l’État, sous la présidence d’Abdoulaye Wade, avait proposé aux sinistrés un relogement provisoire à Tivaouane Peulh.
« À l’époque, nous avions identifié plusieurs sites pour accueillir les populations sinistrées », explique Ibou Ndiaye, citant notamment les sites de ibou Diop, Amadou Demba Sow, Issa Ba, Ibrahim Fossory Diawara et Mohammed Ndao Tyson.
Cependant, précise-t-il, certaines familles qui étaient venues visiter les lieux ont rejeté cette proposition en évoquant l’absence d’infrastructures de base telles que l’eau et l’électricité. C’est dans ce contexte que, selon le collectif, le promoteur Mountakha Kane aurait brandi l’existence d’un décret présidentiel lui attribuant 31 hectares de terres à Tivaouane Peulh Tyr Kamb, une zone située sur l’axe Malika–Filaos qui est très différente de là où il installé son soit disant projet.
Des destructions et un projet contesté
Entre 2011 et 2012, des démolitions d’habitations auraient été opérées, notamment sur le site de feu Amadou Demba Sow, touchant une superficie estimée à quatre hectares, et malheureusement ce dernier décéda des suites de malaise. Le promoteur aurait alors lancé un projet de logements à vocation sociale, affirmant agir sur la base d’une attribution officielle de l’État.
Face à ces actions, les populations locales se sont mobilisées et ont saisi les autorités. Une délégation aurait même été reçue à la Présidence de la République, où il leur aurait été indiqué, selon le collectif, que le décret invoqué n’existait pas. Malgré cette assurance, le conflit ne s’est pas éteint.
Interventions administratives et suspension du projet
Plusieurs autorités administratives se sont penchées sur le dossier au fil des années. Après le passage du préfet Iba Diop, puis celui d’Alassane Sall, alors préfet de Rufisque, une réunion officielle aurait été organisée entre le promoteur et les populations.
« À l’issue de cette rencontre, le promoteur a présenté ses documents, puis décidé de sursoir son projet », affirme Ibou Ndiaye.
Toujours selon le collectif, Mountakha Kane n’avait à intervenir sur les 26 hectares et versé une somme de 159 millions de francs CFA à titre de compensation des impacts.
Reprise des tensions en 2022-2023
Malgré ces engagements, les tensions ont refait surface en 2022 et 2023, avec l’arrivée de personnes se réclamant de la société AD INVEST SA, accusées par le collectif d’avoir bradé des terrains destinés à être restitués à la famille Amadou Demba Sow.
Des plaintes ont alors été déposées auprès de la DGSCOS et devant les juridictions compétentes. Le collectif affirme disposer de documents et de délibérations foncières attestant de ses droits et dénonce une volonté persistante « d’imposer le projet par la force ».
Un appel solennel aux autorités
Aujourd’hui, alors que la procédure judiciaire suit son cours , les habitants du quartier Diawara disent vouloir avant tout alerter l’opinion publique et obtenir une intervention des plus hautes autorités de l’État.
Ils n’entendent pas baisser les bras .En attendant une issue judiciaire ou administrative définitive, les populations de Tivaouane Peulh restent mobilisées, déterminées à défendre ce qu’elles considèrent comme leurs droits légitimes sur ces terres.
Pire encore sur place ,des faussaires continuent de vendre des terrains qui ne leur appartiennent pas et chose grave , des parcelles réservés aux infrastructures publics de base ne sont pas épargnés et déjà les clients de la société immobilière qui ont déjà versé des sommes à la BHS ,ne peuvent pas avoir leur titre de propriété du fait de cette illégalité. Même les issues de sortie de la localité sont bloquées » a t-il ajouté.
Pour étayer leurs preuves les habitants brandissent le decret de 2023 du président Macky Sall qui liste tous les quartiers de la commune et visiblement cette zone qu’ils surnomme » cité keur Salam » ne figure pas dans la base de données de l’Etat central car le décrets qu’il attribue au président Wade est vraiment flou.
Pour terminer , le porte parole du jour du collectif , M. Ibrahima Ndiaye lance un appel pressant aux autorités judiciaires , administratives pour un règlement définitif de ce vieux litige foncier et que les habitants n’accepteront pas d’être spoliés par des promoteurs véreux venus de nulle part pour s’accaparer de leurs biens légitimes. Pour terminer M. Ndiaye avertit que les populations n’accepteront pas le lobbying de ces promoteurs mal intentionnés qui veulent utiliser au sommet les services de l’État pour faire réaliser leur projet maléfique . Souvent on nous parle de « dossier égaré « , en cours de traitement alors qu’eux leurs recours sont traités dans de brèves délai pour continuer leur on est très vigilant et on ne se laissera pas faire . » a t’il averti