Plus de deux ans sans subventions, les étudiants de Kedougou haussent le ton


Étudiants de Kédougou à Dakar : deux ans sans subventions d’entretien, ils interpellent l’État

Les étudiants ressortissants de Kédougou résidant à Dakar dénoncent le blocage, depuis 2024, de leurs subventions d’entretien destinées à leurs immeubles. Lors d’une conférence de presse, ils ont alerté sur la dégradation de leurs conditions de logement et exigé le déblocage immédiat des fonds.

Les étudiants ressortissants de la région de Kédougou établis à Dakar montent au créneau. Lors d’une conférence de presse, ils ont dénoncé le blocage, depuis 2024, de leurs subventions d’entretien, qu’ils attribuent à la Direction des Mines et de la Géologie. Selon eux, cette situation a entraîné une dégradation avancée des conditions d’hygiène dans les immeubles qui accueillent des centaines d’étudiants de la région dans la capitale.

Chargé de la commission organisation, Mady Soumaré a expliqué que ces subventions, liées à l’accompagnement des communautés dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) minières, servent notamment à régler les factures d’eau et d’électricité, à assurer la vidange des fosses septiques ainsi que le nettoyage et la désinfection des bâtiments.

« Les toilettes débordent, les factures d’eau et d’électricité s’accumulent », a-t-il déploré, décrivant des conditions de vie qu’il juge incompatibles avec la poursuite des études dans un environnement sain.

Mady Soumaré affirme que les étudiants ont déjà entrepris plusieurs démarches auprès de la Direction des Mines et de la Géologie, des autorités administratives de Kédougou et d’autres responsables concernés, sans obtenir de solution concrète. Face à cette situation, ils réclament le déblocage immédiat de l’ensemble des subventions dues depuis 2024 et la mise en place d’un mécanisme transparent permettant d’assurer la disponibilité régulière des fonds destinés à l’entretien de leurs logements.

Un acquis historique menacé, selon les étudiants

De son côté, Lansana Cissokho, chargé des relations extérieures des étudiants de Kédougou, a rappelé l’histoire de ces immeubles, présentés comme le fruit d’une longue lutte menée par les étudiants de la région.

Il est notamment revenu sur les événements de 2008, au cours desquels, selon son témoignage, les étudiants confrontés à des difficultés de logement avaient mené une mobilisation marquée par la mort de leur camarade Sina Sidibé. Il a indiqué que c’est à la suite de ce drame que le président Abdoulaye Wade leur avait octroyé ces immeubles, un acquis qui aurait ensuite été maintenu sous le régime de Macky Sall.

Pour Lansana Cissokho, le blocage prolongé des subventions d’entretien menace aujourd’hui la pérennité de cet acquis. Il estime que la dégradation progressive des bâtiments risque de compromettre les conditions de logement des étudiants et leur dignité.

Le responsable étudiant a également dénoncé ce qu’il considère comme un déséquilibre entre l’exploitation des ressources minières de Kédougou et les retombées sociales dont devraient bénéficier les populations locales, notamment les jeunes poursuivant leurs études à Dakar.

Un appel pressant à l’État et aux entreprises minières

Les étudiants interpellent ainsi le gouvernement, le ministère chargé des Mines et les entreprises minières concernées. Ils demandent non seulement le paiement des subventions en attente, mais aussi un dispositif de gestion plus direct et transparent afin d’éviter de nouveaux blocages.

Tout en se disant ouverts au dialogue, ils préviennent qu’ils sont prêts à intensifier leur mobilisation par des moyens légaux et pacifiques si aucune solution concrète, assortie d’un calendrier précis, n’est trouvée.

« Nous ne quémandons pas l’aumône. Nous réclamons notre droit », a insisté Mady Soumaré, appelant à une prise de responsabilité des autorités et des acteurs concernés.

À travers cette sortie médiatique, les étudiants de Kédougou entendent faire de leurs conditions de logement une priorité et rappellent que, selon eux, les retombées de l’exploitation minière doivent également contribuer à améliorer les conditions de vie et d’études des jeunes originaires de la région.

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